OSCAR BERGGRUEN CORTÈGE HISTORIQUE DE LA VILLE DE VIENNE LE 27 AVRIL 1879 ^^ y/ ^* àJîÂ^c HL& CORTÈGE HISTORIQUE DE LA VILLE DE VIENNE A L’OCCASION DES 0\C O C E S D ’ qA % G E T T» E LE U S {MAJESTÉS FRANÇOIS-JOSEPH I' ET ÉLISABETH CACA PARI S A. QUANTIN, IMPRIMEUR-ÉDITEUR 7, RUE SAIXT-BEXOIT aswss.; ^îy .;- -r'T, if-v WK* •»"»f v£ .*«£ r, »it r* Ï& V'-*“ A£- v ' ^rtaaStSE^'-! ***&& HbaBEss »WSvPSs^i- SS'T Ji mm 'tëmÿSÈÊ IKllpèiiï >■ ,-.'n!îj«ij iMM mmÊ 1É£gî&ggzâ mß^m SS ,^*5* *r^% jçsa^M . ‘I^SU^ W Tf ^ W 3 ê%- ÉSPil WMÊi vs&s seat mm S1SÉ® îSvf®^ :■ - - s YLDI GVNGS -FE ST Z VG ® DER S TAD T WI EN ® -jgEHjSjg MftKSSi i gs^a ë i -sat R, ÏÏdiojrav^re Tt.EMÛTt. geogrf'.Instiürtcs. ïtW ' "14B& ^£0 • .-•■"ttüMi'HSM!* i l Nhk»v% ****~~~£sfrgi- ïAjÇAT- Ppr*. w 53 ^ tafi£& s&SSî? -.-rfc*- ■' 4-1 ^• 4 à T^Sr - * ■isôi ^ W-îte <- ;^T r-^^iiiiSÄ- fÏÂ'i &*** v \' sim nm si pâjpigli Ü&i îffifes ÈîllSftl fe&i&ria âË&ië KÀâMâîL ââRaüfi |j wa^ S'-ssMCS. .VS» f *5 ••fisæï. i*sâïr= i' a ^ 1 - * j !M 1 -sSÔïij Äi-iO-'if. ■ 1 M 508 is i 3 ^i SIP* mm m mm M r X n-MM, >miêi, msem 1 mx t§§li M îèüÉ .* 'mI’AT- ;V| v M' WmmfiB il ÊÊ-'èMï ■r .»-fel vX^v XiPI ^ ,ÂX giï 3s*œ?», ,V-^ "IX 4 T >\ !^53^g*l i - * ■Sfet^Â'lÔxââ ' ? $®SÄ$ 8 p ' '* • mws wm 1 V wl ''W ‘lu M'm'M ,&#t 4 mmM ÿMiA'i ;iw» »» SS&® pè ls|â*»W(®1 Âfe ; _Ùn>. »it.’? 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J%74,:’ vV?y öRfcj ^ « fifeg ; £ä 7 -^ä SPSS feiSÄ æ&eæfc » Uü $vj PRÉPARATIFS DE LA FÊTE "i JW*/. « m 1 ^ ans la séance du io décembre 1878, pour répondre aux vœux unanimes de la population viennoise, le bourgmestre de Newald proposa de fêter magnifiquement les noces d’argent de l’Empereur et de l’Impératrice et, à cet effet, une commission de quinze conseillers, sous la présidence du vice-bourgmestre Edouard Uhl, fut immédiatement constituée. Sur les propositions de cette commission, le conseil municipal prit, dans ses séances du 7 et du 14 janvier 1879, une double décision. La première fut de faire présenter à Leurs Majestés une adresse et une médaille commémorative. Le texte de l’adresse fut rédigé par le D r Léopold Kompert, et les artistes Joseph Storck et Ferdinand Laufberger furent chargés de son ornementation. Nous la reproduisons ici avec son texte allemand, qui est un témoignage de l’affectueux attachement de la population autrichienne pour son Vf- k souverain et de la reconnaissance qui lui est due pour la merveilleuse transformation de Vienne qui s’est accomplie sous son règne. Nous reproduisons également les deux faces de la médaille, frappée en argent sur la gravure de Joseph Tautenhayn et de Antoine Scharfe et qui représente, d’un côté les bustes de l’Empereur et de l’Impératrice, et de l’autre la Vindobona, personnification allégorique de la ville de Vienne, offrant ses hommages au couple impérial. Le 22 avril 1879, cinq jours avant le cortège, cette adresse et cette médaille étaient remises à Leurs Majestés par le bourgmestre et une députation des autorités municipales. L’Empereur remerciait en rappelant avec émotion que les mêmes sentiments animaient les villes, vingt-cinq ans auparavant, lors de l’entrée de l’Impératrice, et en témoignant qu’il verrait surtout dans la fête qui se préparait l’épanouissement de l’industrie et des arts nationaux. La seconde décision du Conseil municipal avait été l’organisation d’un grand cortège historique. Nous avons dit que cette décision était du 14 janvier 1879. Il faut rappeler cette date, car c’est le 29 avril suivant, c’est-à-dire environ trois mois après, que la fête se déroulait, complète et sans aucun accident. Une pareille rapidité tient du prodige! Aussi le conseil avait-il largement voté les premiers fonds et désigné trois de ses membres, MM. Uhl, Matzenauer et le chevalier de Wiener, pour s’occuper des mesures nécessaires. En même temps la Société des artistes viennois déléguait pour diriger les travaux Hans Makart, le peintre Frédéric Schilcher, les architectes André Streit et Otto Wagner et le sculpteur Charles Kundmann. D’accord avec les autorités, le Prater fut désigné comme lieu d'organisation et comme point de départ. De là, le cortège devrait gagner la ville par la large rue du Prater, traverser le canal du Danube sur le pont d’ Aspern, ensuite, pour arriver sur la place de la fête, installée devant le vieux château impérial, suivre la Ringstrasse } ceinture de magnifiques boulevards qui entoure la ville sur l’emplacement des vieux remparts. Il repasserait ensuite le canal du Danube sur le pont de Y Augarten et occuperait ce vaste jardin public, où il se disperserait. La direction générale du cortège fut confiée au peintre Hans Makart, le tt?Æ. H« • «Sîii ùà '^ 1 •Æ *$'«ï3È '^*.'T&*/ fel&i 3*r : *jb*f vV^ t«*? - ^ Ya> * ,_- * W'.Sf- 4*sg iArr /*£?*•, :te% S®*. i£??Vï »Ü npÇîÂ, ii^ii^fiÉS psi mm :>V.4 â r.-^^È 5f,v.Â- MM rrfj j M:.M :V*V; ■ rAf 1 l«> ^ ï. ^-«v. *=*> ^’Vtà'S 9 F- - $■ M-n- /****; V 7 K» *«r » < ' »&ï 1 ÿ£St.-ÿ- aaaa& *arîi „*ÄW ,_^iL2i îj^r. r «VT*** spm’ s*--* ■SÜ 3 * 6 ' r?V=S mm rpfg^jÿ ÜÉË1 . I i ^ /gSk&ê&âÜfem r£&âfoj L-sââ^r. ■ >-J£*/*: xV 7», Kr** ÿÉS^SF ■ ^ a- ''fï’si&s; :.«*f«wr «►-Sr*; ^fffajs^ppp^sv. #”r’ î « <■*» jiSSlÉlSgP J.vr 1 ' 4 HT&- wsê&M **£$£&* xv-*: XXIV 4 APRIL MDCCCLXXIX # vp** t-tçy-'if.’ %&■&*$I ‘gfeggffe ■-W t- fek* ■ ,J ^ ‘ Sä . 1 g&gj&gfcg 2 * 2 & Bm: «•a« '•feit, "<$*& 2PB&g PP '•ÎSP; ï**£?£: JSSSf- mm Æ peintre Édouard Stadlin se chargea de dessiner les costumes et de surveiller leur fabrication, et on lui installa un atelier particulier à côté de celui de Makart. L’architecte Streit dut construire les voitures, l’architecte Wagner dresser les plans pour la disposition de la place de la fête, et en construire les décors. Le 2 } janvier 1879, une réunion eut lieu, dans laquelle les représentants de l’industrie se chargèrent avec enthousiasme de la part de travail qu’ils étaient heureux de revendiquer. Des comités pour l’organisation des groupes séparés du cortège se formèrent rapidement, et chacun d’eux se procura les moyens nécessaires pour faire construire les chars et pour costumer un certain nombre de membres du cortège. Ainsi vingt- six groupes se formèrent avec l’argent de leurs propres membres ; ce furent : les boulangers, les meuniers, les pâtissiers, les laitiers, les bouchers, les charcutiers, les liquoristes, les marchands d’eau-de-vie, les coiffeurs, les tapissiers, les fabricants de literie, les drapiers, les tanneurs, les mégissiers, les tourneurs, les charpentiers, les menuisiers, les vitriers, les potiers, les couvreurs, les peintres en bâtiments, les vernisseurs, les tonneliers, les opticiens, les horlogers, les antiquaires, les graveurs et les orfèvres. Des fils des notables de la ville devaient former le groupe des jeunes citoyens ; des membres de la plus ancienne noblesse le groupe de la chasse historique, des membres de la Société d’artistes viennois le groupe des arts plastiques; vingt-six sociétés de chemins de fer se réunirent pour organiser leur groupe; le Lloyd austro-hongrois et la Société autrichienne de navigation à vapeur pour celui du groupe nautique. Des représentants de chacune de ces industries durent former les groupes suivants : l’horticulture, la viticulture, l’exploitation des mines, le commerce, la carrosserie, la fabrication des vêtements, celle des tissus, la construction des machines, la métallurgie, la fabrication des coffres-forts, l’imprimerie avec la librairie, les commerces des objets d’art, la reliure, la fonderie en bronze et la location des voitures. Plusieurs banques des plus importantes témoignaient de l’intérêt quelles portaient à la fête, en offrant des sommes considérables pour la confection des costumes de certains groupes. Pour les autres, les offres furent tellement élevées que le comité fut forcé de les restreindre. En dehors des groupes symboliques, on n’admit que la chasse moderne des hautes montagnes, représentée par les membres de la noblesse autrichienne, les étudiants des académies viennoises, les sociétés de gymnastique, la Société viennoise de tir. le corps des sapeurs-pompiers et des vétérans de l’armée. La Société des ingénieurs et des architectes, la réunion des métiers et les sociétés de chant, ainsi que des sociétés de différentes professions furent représentées par des délégués en habit moderne. Le chœur viennois d’hommes et les autres sociétés de chant de Vienne et des faubourgs se chargèrent de la partie musicale de la fête. L’arrangement du cortège, le maintien de l’ordre et de la sécurité publique, ainsi que l’établissement de tribunes pouvant contenir environ cinquante mille personnes, tout fut minutieusement délibéré, et les dispositions furent si bien et si pratiquement prises qu’il ne devait y avoir plus tard ni le moindre trouble ni le plus petit accident à déplorer. OLDSTADTî AllerburcHaucfytigfter Kmfer unb i?err! 21llergnäbtgfte Kaiferin! Altersgraue unb beengenbe ÿeftungsœâlle fallen r>or fünf* unbjmanjig 3 <*bren Öen (Einjug CllEtet JföajEjtätEn in bie ITlaueru biefer großen Stabt, bie mit gerechtem Sto^e non fidb rühmt, ben X)ort unb Sdjirmer bes Keines als foftbarftes 3 utr»el in ftdj 3 U bergen; ein glanjpolles, in freier Belegung unter ben Augen Seines tpeitausfebenben Kegenten fyerrlid? auf= geblühtes IDien erneuert freute in allen Schichten ber 23e= pölferung einmütig ben bamaligen <^uruf feiner ljulbigenben (Treue, feines beifeften XDunfcbes: (Bott malte gnäbtg über bem barton Cage! f)eil unb (Blücf Unferem geliebten £)errfcberpaare! vn ^emelnberatb ber t t Ketd?sfyaupb unb Keftbensftabt IPten am 24. etpril 1879 Der Bürgermeifter : Der Bürgermeifter^Stellpertreter Der Bürgermeifter*Stelh>ertreter U BAU *' s-MARIAHILF v ïfhopiyure ■ - W F&tLKOC'R, *& 3 i$ï 5 F Saas»?; « <4 -ws'S* p* s^ts- ï «y » 3 * ^ '. •*- -iTiii $*?»«& *•„ ,'*If*i»i SK? y i«. V c /* r-*>5£ K?æ*. >C v/-' *!*tfî‘VV--% iS-at&,*«£&»» «a^Hsrsgja v. ■f- îF' öirl !>.'C5 iss •*. > - ’ r i®rÆi ’iêÊIïê%ÈÊÊêÊè HÜS &Ä&äi,_* ~ '. . k rr j mm 'Jf$ä?rx::w 4 \: .< É^SËÉâ mm läiiil .\äse^5 kéH* •ÿffiSàs k ',"*£2 ; - ? T i&ä» 3^-"’^'jC‘ •iu>'jrr CSPH ^&üae «bS£:- jw 'ös.v wtapss T‘* 3 7- T> * ’ 3 êmm * ' i': : säifK Mmm. ? à-X .r. r-iïïi'rbtinij(auii)tüjftcr ûatfrr uub ïH'rr! r-iüi'rgnatiîgfrc ùaifcrm! | i enem unrergeblichen (Tage ror fünfuttÖ3tran3ig fahren, ali ©efterreidis jugenôlicher i^orrfchar Seine ihm rcrlobtc, in holöfeliger Einmuth ftrahlenöc Kraut an hic bjeimftatte !! Seiner (Bcburt unb 3UV IEVibe öes innigftcn Sebensbunôes an Öen 1 (Traualtar geleitete, reiht )ïd? heute ein nidit minöer feierlicher, öas | 3artefte (Entpfinöungsleben her erften Staöt öes Kcidtcs tief ergreifen- 1 j her an: Die ^eier her filbernen bfocfyeit öes faiferlichen Ehepaares! Denn ron jeher gciröhnt, ?eiö iric $vub’ öes angeftammten | Tfcrrfcherhaufes in menfchlich nahe i^iebung 311 hem (Bemüthc ; jeöes Enteilten 311 bringen, fühlt Seöcr in öiefer großen Ke rölferung fich non öem (Beöanfcu getragen, als fei ihm felbft aus ^ her ^ülla himmlifdicr (ßnaöe am heutigen (Tage ein befonöerer jj Kntheil 3ugefallen! j! IPas fid? ror fünfunöjrra^ig Sehren unter jubelnöen j| Zurufen auf öie Rippen Miller als gläubiger IPunfch örängte, j es ift in Erfüllung gegangen. | 3 n (Bcfunöheit unb ungebrod]ener HIannesfraft, inmitten j einer ©hätigfeit, öie in unermüöeter Keharrlichfeit Öen höchften | Aufgaben öes theuren Paterlanöes gehört, iraltet her geliebte $irft feines Kegen ten am tes; Jhw 3ur Seite öie theuerc (Befäbrtin Seines Gebens, öie 2Tlutter Seiner Hinöer! (Ein hochbegabter prin}, auf öeffen Ko^ügen öie 2lugen öes Keiches lieberoll ruhen, erhöht öas cBliid’ Seiner faiferlichen Eltern, fo öajt cBegemrart unö ferne ^ufunft trie 3U einem liditen itra^e rereinigt erfcheinen! ».251 s-”>ä mB^$: &&*$$ 9&&&ssm*s$#!k: .4 . » 5 . k &i $»^1 Üfeü » t:ifc.v§âà! I ,-v * v*: : p g ^sr - w&sbpk _npy^i • *'--Æ mmmm ?W^ 4 C* K ■6'9«MÉi iæSif ■ i^SSE-fc im îwr >-- ■?_Ä€- ^Sfl; &1- 5 iSäg5Ä3&$ Mÿ^tv Ür 5 ; 3 g&» ■-«*£• £aBSg% ti i£ ^=3= lü Mi sr DISPOSITIONS ARTISTIQUES &«r« - ./•/' /-• l fallait d’abord choisir l’emplacement où le cortège s’arrêterait pour saluer la tribune impériale; mais il s’indiquait naturelle- 'f ment au R ur g rm g) devant le Burgthor , seule porte subsistant des anciens remparts, en face du vieux palais impérial. L’architecte Otto Wagner se chargea de la décoration de la place et s’en acquitta avec un goût achevé. Nous donnons une vue de la place. Otto Wagner établit la tente impériale devant le Burgthor, dont elle cachait une partie de la lourde architecture dorique, et la fit ouvrir seulement du côté de la place. Cette tente était formée de dix grands mâts en bois, richement peints et réunis entre eux par un couronnement de moulures, le tout recouvert de riches étoffes. Devant la tente était construite une terrasse, couverte d’un baldaquin, à laquelle aboutissaient deux larges escaliers, qui des deux côtés conduisaient à un pavillon vitré et couronné d’une coupole; de là, deux colonnades légèrement courbées s * mmm A mwß • V s’étendaient jusqu’au bout de la place et se terminaient par une petite coupole. En face de ces constructions bien proportionnées se développait entre les deux nouveaux musées une immense tribune en amphithéâtre, aussi légèrement courbée, dont le milieu était coupé par un magnifique portail formant l’entrée principale. L’artiste sut donner à toutes ces constructions, naturellement en bois, l’apparence de la pierre dure et taillée. Il les mit en harmonie de style avec les nouveaux musées, dont l’architecture et les nombreuses sculptures rappellent les meilleures époques de la Renaissance. Il donna l’essor à son imagination dans les ornements de la décoration extérieure et intérieure, comme on pourra en juger par la planche représentant les détails de la tribune impériale. Mais l’œuvre capitale devait être l’organisation du cortège lui-même et ce fut le triomphe de Makart. Pour le choix de l’époque à représenter il pensa d’abord que, sur la fin du règne de Maximilien et au commencement du gouvernement de Charles-Quint, le costume avait un caractère noble, riche et pittoresque; de plus, aucune autre époque ne fournissait des documents plus abondants et des dessins aussi authentiques. Car Maximilien lui-même vivait à l’époque de la transition du Moyen âge et de la Renaissance et il fit vivre d’un dernier éclat la chevalerie romanesque. Dans son âge mûr, il encouragea vivement les arts et porta tout son intérêt à ce que ses aventures et ses actions fussent dignement transmises à la postérité. Dans les dix dernières années de sa vie, l’empereur s’occupa sans interruption de grands ouvrages illustrés et se mit volontiers et fréquemment en rapport avec les artistes. Sachant qu’ils se montraient agréables au vieux souverain, les habitants de Nuremberg députèrent à la diète d’Augsbourg, en 1518, Albert Durer, l’orgueil de leur cité et la gloire de leur école. A ce moment naquirent le « Weisskunig », le « Theuerdank » et le « Frey- dal » ; la porte et le char triomphal de Durer et surtout le grand cortège triomphal de Hans Burgkmair. — Toutes ces gravures ne devaient pas seulement donner à Makart des idées sur l’arrangement général du cortège, mais aussi des modèles à copier directement. C’est surtout dans le cortège de Burgkmair qu’on trouve les plus beaux modèles de costumes de toute sorte et même de chars et d’emblèmes allégoriques. Toutefois, en s’inspirant aussi fidèlement des ouvrages de l’époque de Maximilien, l’artiste courait le danger de se trouver en contradiction de style là où il manquait de modèles. Ces gravures représentent en effet exclusivement la Il vie chevaleresque de chasse et de guerre, tandis que le cortège devait représenter la vie bourgeoise la plus moderne. Makart échappa heureusement à ce danger, et même on peut dire qu’il n’a jamais si brillamment prouvé son génie créateur et son art de disposer les couleurs que là où il n’eut recours qu a sa fantaisie. Citons, par exemple, le groupe des chemins de fer. ro: 'K Personne ne doutait du succès de Makart, mais encore son œuvre surpassa- t-elle toutes les espérances. Chaque groupe était un chef-d’œuvre d’harmonie, d’arrangement et de couleur; mais pour se rendre compte de tout ce que cette œuvre a de colossal, il faut embrasser par la pensée les mille détails, tous réussis, et le magnifique ensemble de cet immense cortège. Il faut remonter à Rubens, qui organisait les fêtes des archiducs des Pays-Bas, pour trouver quelque chose de comparable. Ce fut sans doute à Anvers, aux fêtes de son troisième centenaire qui se célébra 5 en 1877, que Makart prit l’idée de réserver pour lui-même et pour le groupe des artistes des costumes du temps de Rubens et de Van Dyck, et ce luxe nouveau qui terminait le cortège ne fit qu’en rehausser l’éclat. Cependant, les habitants de Vienne qui devaient figurer dans le cortège, ne se rendant pas bien compte de l’effet, hésitaient à se produire en public dans les costumes du xvi e siècle. Makart ne reculait pas devant une nouvelle tâche : il exposa à l’hôtel de ville ses esquisses à l’huile, faites avec l’aide de quelques amis en cinq semaines à peine. Elles produisirent dans la population un enthousiasme si vif que toutes les hésitations disparurent et que tout le monde se mit avec ardeur à l’exécution de ces charmantes compositions. D’un zèle infatigable, le peintre Édouard Stadlin, dont l’autorité en ce qui touche l’histoire du costume est indiscutable, rendit les plus grands services en faisant faire les costumes suivant les intentions de Makart et en surveillant leur confection, ainsi que celle des étendards. Seul le groupe de la chasse historique fut exécuté par le peintre Fux. Les étoffes Renaissance, véritables et imitées, furent fournies par l’industrie viennoise, qui prouvait ainsi son développement. L’architecte André Streit s’étant chargé de la direction générale de la construction des chars et les architectes König et Feldscharek de la confection des bannières et emblèmes, plusieurs artistes se répartirent le détail des dessins et de la confection des costumes de chaque groupe. Ce fut aussi André Streit qui se chargea de régler l’ordre et la marche de cet immense défilé. k €\ <%\>A iiii -'=-^'•« 6 C&H. Ä WA êtéééy* X'fWB ;*> JTjf ‘ c ^3^-~^ Wm mm- E'öS ü* k j&Spv AN DER AUSSTELLUNGSSTRASSE garni ræ&à Mmm P3H iV!/ [■ ■i^ : ^ ^ - Sfe*i£a »4 .-' ' '>! ,, *:? , 'r:A^ Sf-lMlî' lifWW ÄÄI .ri'^fV* ,T ,. (■:-*'-.s£ mm. SïSàV-JS? mm m&t */?&**’ 4\vi- f SSL-■ ^ Ti •E» ’•*. à’wM ■0H ft "^. • f*S5S»3PÇï ^S"^ r ' 5 <,\ j^ssaapp #hii£a vr -—- ï S>,;Jf. V^.'S'îC * V.v?^ Jtmthäämi ÄÄfA! l '^ v VV-, mm Ejjbw7>'J Ws i LE CORTEGE ientot ces immenses préparatifs étaient terminés et tout était prêt pour le jour de la fête. 11 se leva radieux et sous un chaud soleil de printemps. Aussi, même avant l’aurore, les tribunes étaient-elles remplies, et, tout le long de cette immense « via triumphalis » formée par les boulevards, une foule compacte de Viennois et de populations arrivées de toutes les parties de l’empire se pressait-elle pour occuper les places du premier rang. Chacun se sentait comme invité à la fête et la meilleure humeur, égayée par le spectacle des maisons ornées et pavoisées, rendait l’attente facile et agréable. Mais le plus curieux spectacle était encore au Prater, J aux abords de la Rotonde de l’Exposition internationale de 1873. Là étaient arrivés, dans leurs costumes étincelants, tous les figurants du cortège. On se serait cru transporté au temps de Maximilien. Les groupes se formaient, les chars se garnissaient et commençaient à s’ébranler; Makart, à cheval, se prodiguait et donnait un dernier coup d’œil à tous les détails. Vers sept heures, les trompettes donnaient le signal de la formation du cortège, et à neuf heures précises le défilé commençait, fanfares en tête. Tout avait été minutieusement calculé, et à dix heures les membres de la maison souveraine faisaient leur entrée dans leur pavillon. Prenaient place en même temps, dans les tribunes réservées, les présidents des deux Parlements autrichien et hongrois, le corps diplomatique, les plus hauts dignitaires de l’Empire, les membres des assemblées provinciales, les délégués des villes, etc. A onze heures, les fanfares et les cris enthousiastes des assistants annonçaient l’arrivée du cortège devant la tente impériale. Aussitôt l’Empereur et l’Impératrice, le prince héréditaire et la famille impériale arrivaient du château et entraient dans leur pavillon. La musique et les chœurs entonnaient l’hymne national, et le bourgmestre, s’avançant vers Leurs Majestés, leur témoignait encore une fois du dévouement de la population, qui s’associait, tout entière, à la manifestation patriotique qui allait se dérouler sous leurs yeux. L’Empereur répondait que ce n’était que pour donner aux arts et aux industries de l’Autriche une occasion de témoigner de leur état d’avancement qu’il avait consenti à laisser sortir cette fête du caractère de simplicité qu’il lui aurait désiré. Il remerciait la population, la municipalité, les artistes, en son nom et en celui de l’Impératrice. A peine le bourgmestre avait-il regagné sa place que les Sociétés de chant entonnaient la cantate suivante dont nous donnons le texte et la traduction : Banner wehen, Fahnen wallen, Bei Musik und Jubelschallen Drängt sich heute Schaar an Schaar ; Von^der Treue Band umschlungen, Bringet seine Huldigungen Ost’reich seinem Kaiser dar. Festlich sich der Zug entfaltet Durch Sein Wien, das umgestaltet Und verjüngt durch Ihn erstand; Österreich hat Er erneuet, Licht und Freiheit ausgestreuet, Mit stets offner Segenshand. Ihm zur Seite, die Er wählte, Jugendlich sich an vermählte. Der Er ganz Sein Herz geweiht, Die mit Kindern Ihn beglücket, Und die mehr als Kronen schmücket Anmuthvolle Lieblichkeit.' Fahnen flattern, Glocken schallen, Und von Öst’reichs Völkern allen Tönet wie aus Einem Mund Heufdas Lied, das schöne, alte : Gott beschütze, Gott erhalte Uns’res Kaisers Ehebund. fv i'C- WZj/êM*; ,K#mj sès^üi Flottez drapeaux, flottez bannières ! Au bruit des fanfares et des cris, Le peuple accourt et se presse. Toujours fidèle et dévouée L’Autriche offre avec ses vœux Ses hommages à son Empereur. Le cortège se déploie A travers Vienne transformée, Renaissante et rajeunie. C’est à l’Empereur que l’Autriche Doit lumière et liberté Par sa main à flots répandues Et salut, à ses côtes, Au choix aimé de sa jeunesse A qui son cœur fut donné. Elle le fit heureux père Et, mieux que la couronne, la grâce L’orne de douceur et de charme. W* m Flottez drapeaux, cloches sonnez ! Et vous tous, peuples d’Autriche, Dites d’une commune voix Votre souhait simple et antique : « Que Dieu protège, que Dieu conserve Les unions de notre Empereur ! » -„V Ç\*. Zr-Purrcu b l( -, vrui PREMIERE PARTIE GROUPES EN COSTUMES MODERNES LES ÉTUDIANTS -<■ cg* r >-~ -■ * T- y Le cortège reprit ensuite sa marche triomphale, et nous allons maintenant en passer en revue les divers groupes. 11 ne pouvait mieux débuter que par cette fleur de la jeunesse et de l’intelligence du pays, composée de plus de douze cents étudiants de F Université, de l’Académie technique et de l’Académie agricole. Les délégués des corps académiques étaient en grand uniforme et les autres en habit noir, avec une rosette blanche et rouge. Un étudiant marchait le premier, portant la bannière commune représentant un hibou assis sur un livre ouvert. Au moment où le groupe défila devant Leurs Majestés, les délégués brandirent leurs épées et tous saluèrent de mille cris d’enthousiasme aussitôt répétés par la foule. LES SOCIÉTÉS DE GYMNASTIQUE 11 ®! - ■ mmmm mmÈ^$ {JjiiiiLl ; v: ) iiiim *h 1 V-i Wf stïSâ lè&Xî «Â»ï '■ .i' 1 - 1 . i lii ■'^-1: ra.- ‘ -jav> k»» 'Simaz tSiïjm-. •M- [ppwp. 2'j^KÜr Sê'îS gT rsgasS SiS En tête marchait le héraut, portant la belle bannière aux armes de Vienne et de l’Empire avec le quadruple F symbolique [F risch , fromm , froehlich , frei ; — fraisj pieux , gïu ef franc). A sa suite se pressent les sociétés de gymnastique de la basse Autriche dans leurs costumes. Viennent ensuite, chacune avec leurs bannières et leurs costumes propres, les diverses sociétés de Vienne et d’autres villes. La première Société viennoise, le Maenneriurnverein de Vienne, la corporation des Académies viennoises, les sociétés de Bade, Floridsdorf, Mœdling, Sanct-Poelten, Sechshaus et Stockerau. LES SOCIETES DE TIR Un héraut à cheval porte en tête le drapeau offert en 1806 par l’impératrice Marie-Thérèse. Il est suivi par un corps de musiciens-tireurs, six surveillants, six marqueurs en costumes blanc et rouge. Défilent ensuite en tenue militaire les représentants des sociétés viennoises et les délégations de toutes les provinces autrichiennes. LES CORPORATIONS ET LES SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES MJ RP • - '* Li'i.'.f .n mamsam m.M ÉfM M f ' i fi'StûSS ïm mmm mmm mmm WM&km wmïm : <âsK &9& msm HP 'WXMwm. y* WK ■**& ■ ■ V* • & {il Le groupe est formé des députations de la Société des ingénieurs et des architectes, de la Société industrielle de la basse Autriche, et de toutes les sociétés industrielles viennoises en habits de fête, avec des rosettes blanches et roses, leurs drapeaux et leurs étendards. DEUXIEME PARTIE GROUPES EN COSTUMES HISTORIQUES C’est cette partie du cortège, l’œuvre de Makart, qui est reproduite en détail dans les trente-six planches qui suivent le texte de cet ouvrage. Nous allons en donner ici la description détaillée et dans leur ordre, et nous renvoyons au tableau qui précède les planches pour les noms des dessinateurs des cartons d’après lesquels elles ont été exécutées. I HÉRAUTS, TROMPETTES ET MUSICIENS DE LA VILLE DE VIENNE Ce groupe ouvrait le cortège ; comme il rentre dans les costumes historiques, nous l’avons cependant reproduit avec les groupes costumés. En tête marche le héraut de la ville, monté sur un cheval blanc richement caparaçonné ; sa tunique de velours avec des broderies d’argent est aux couleurs et aux armes de Vienne; douze trompettes le suivent sur deux rangs, également sur des chevaux blancs et en tuniques rouges et blanches. Ils sonnent, dans leurs instruments d’argent, de solennelles fanfares du temps de Maximilien. Des musiciens, tambours et fifres, en costumes de lansquenets, ferment le groupe et portent l’étendard de la ville de Vienne, croix blanche sur fond de pourpre. PORTE-BANNIERES ET JEUNES SEIGNEURS Deux hérauts à cheval de la ville de Vienne, s'avançant de front, sont suivis par trois seigneurs bannerets accompagnés de leurs pages. Le premier, habillé noir et jaune, aux couleurs autrichiennes, porte les armes de l’Empire ; le second, rouge et blanc, porte les armes de la ville de Vienne ; le dernier, bleu et blanc aux couleurs bavaroises, porte les armes des ducs de Bavière. Chaque seigneur est entouré de cinq jeunes patriciens habillés aux couleurs de la bannière, et également à cheval. III, IV, V LA CHASSE HISTORIQUE Ce groupe important, qui se divise en plusieurs sections représentant les différents genres de chasse au xvi e siècle, est ouvert par un chasseur à pied portant la bannière de saint Hubert. Vient lâchasse aux chiens courants, formée par le chef de la chasse, cinq cavaliers et une suite de vingt chasseurs avec leurs valets et leurs chiens. La chasse au chamois est représentée par un chef dans un superbe costume de vieille étoffe, quatre cavaliers et une suite de vingt chasseurs. Cinq valets de chasse avec leurs limiers et leurs braques, un chef à cheval et une suite de vingt chasseurs forment la chasse au cerf. Vient ensuite, traîné par quatre chevaux, le char triomphal de la chasse, surmonté de la statue de Diane : le roi de la chasse est assis sur le char ainsi que quatre piqueurs sonnant du cor; des chasseurs et des valets en costumes de lansquenets entourent le char. Ensuite, la chasse au sanglier est représentée par un piqueur à pied, trois valets, un chef, cinq cavaliers et une suite de vingt chasseurs. La chasse à l’ours est formée par trois valets à pied avec leurs dogues, un chef avec deux cavaliers à pied et vingt chasseurs. A la fin du groupe s’avance la chasse au faucon, du plus pittoresque effet, et représentée par des valets de chasse conduisant les chiens courants et les faucons, un chef, seize fauconniers et trois valets à cheval. .V VI L’HORTICULTURE Un héraut est suivi par le char triomphal de Flore, trainé par quatre chevaux rouans ; il forme un berceau entouré de plantes grimpantes et décoré par des fleurs et de larges feuillages : sur le siège trône, sous des branches de palmier, une déesse Flore entourée de jeunes filles qui jettent des fleurs. Quatre petits chars tirés par de petits chevaux et chargés de lauriers forment un bosquet vivant entièrement couvert de fleurs. Des horticulteurs et des jeunes filles dans de coquets costumes printaniers entourent les chars de leur charmante animation. VII LA VITICULTURE Ce groupe représente une fête de vignerons et est précédé par un seigneur banneret levant un étendard couvert de grappes brodées. Des vendangeurs et des vendangeuses, couronnés de pampres et agitant des ceps chargés de fruits, dansent autour du char. VIII L'EXPLOITATION DES MINES Un seigneur banneret à cheval et une troupe de cinquante mineurs dans leurs costumes de travail ouvrent le groupe. En tête du char triomphal des mines, tiré par quatre forts chevaux, trois énormes génies de montagnes creusent des blocs de roche étincellants d’où s’élève la reine des diamants resplendissante de pierres précieuses. A l’arrière du char sont assises, sous un baldaquin et entourées de gnomes, deux figures allégoriques, homme et femme, vêtues de brocarts d’or et d’argent, symbolisant l’empire que les métaux précieux exercent sur l’humanité. De nombreux mineurs avec leurs instruments accompagnent le char. IS A BOULANGERS ET MEUNIERS Le porte-bannière des boulangers est suivi par des ouvriers qui portent un énorme croissant (Brette) orné de fleurs. Le porte-bannière des meuniers précède leur char sur lequel, entre des sacs de farine, sont assises de charmantes meunières. Des patrons boulangers et meuniers à cheval et à pied entourent le char. X LES PATISSIERS ET LAITIERS Sur un char magnifique, attelé de quatre chevaux, s’élève un grand service de table surmonté d’un immense gâteau; sur le devant du char est un maître pâtissier et quatre pâtissières en occupent les angles. Les laitiers suivent avec leur bannière et en tête marche un patron portant la charte de privilège octroyée par Marie-Thérèse. XI LES BOUCHERS En tête, un héraut et deux trompettes suivis par le porte-bannière à cheval et le char attelé de six chevaux blancs, sur lequel des garçons bouchers maintiennent des bœufs énormes. Des bouchers à pied et à cheval entourent le char. Quatre pages portent sur des coussins de velours les privilèges et les droits donnés au corps des bouchers viennois par l’empereur Ferdinand, en 1629, et par l’impératrice Marie-Thérèse en 1745, 1748 et 1749. XII LES CHARCUTIERS Quelques patrons à cheval et le porte-bannière s’avancent suivis du char, qui représente un buffet décoré avec goût par des saucissons et des jambons mêlés à des fleurs. Trois charmantes jeunes filles font les honneurs du buffet qui est entouré d’un grand nombre de patrons à pied. LES HOTELIERS, LIQUORISTES ET MARCHANDS D’EAU-DE-VIE La corporation des liquoristes, suivie des marchands de vin, leurs bannières en tête, marche en avant des hôteliers ; ces derniers ont en tête des musiciens-lansquenets, deux hérauts, et un porte-bannière entouré de maîtres d’hôtel à cheval. Sur le char est posé un immense tonneau qui porte cette inscription enjouée : « Le coq chante d’autant mieux qu’il a arrosé son gosier. » Derrière le tonneau est une tente sous laquelle quatre jeunes dames tendent joyeusement leurs coupes remplies. La fin du groupe est protégée par une troupe du guet armée de hallebardes. XIV LES INDUSTRIES DU VÊTEMENT Le héraut, à cheval, porte une grande bannière bleue et blanche sur laquelle on distingue les sept armoiries des fabricants de fleurs artificielles, des gantiers, des chapeliers, des tailleurs, des fourreurs, des cordonniers, des fabricants de linge et de cravates. Autour de lui se pressent des membres de ces corporations, à pied, et portant différents étendards. Sur le char, attelé de six chevaux, trône une dame superbement costumée sous un baldaquin, magnifique figure allégorique de l’industrie du vêtement. A ses pieds sont étalés les produits de ces industries. Sur le devant du char, d’énormes ciseaux dorés le signalent de loin aux regards. A la fin marchent les coiffeurs avec leur bannière. XV LES INDUSTRIES TEXTILES Le porte-bannière, à cheval, est accompagné de deux trompettes et suivi de quatre fils de patrons à cheval, qui portent les différents emblèmes des rubaniers, des passementiers, des tisseurs de laine et des filateurs de soie. Sur le char, attelé de six chevaux, un métier de tisserand est surmonté d’un baldaquin Renaissance magnifiquement décoré, et sur le devant se tiennent un maître, un ouvrier et une femme. Des patrons à cheval et à pied suivent le char et terminent le groupe. LES TEINTURIERS, LES FILATEURS, LES FABRICANTS DE TAPIS DE DRAP ET DE COUVERTURES Un patron à cheval précède le char, entouré des porte-bannières de ces corporations.Sur le char se tiennent une dame, un fuseau à la main, quatre ouvriers teinturiers habillés des quatre couleurs principales, ainsi qu’un patron qui montre une bouteille remplie de teinture. XVII LES TANNEURS ET LES MÉGISSIERS Un héraut à cheval porte la bannière entourée d’un groupe de tanneurs avec leurs outils. Sur le char, attelé de six gros chevaux, plusieurs ouvriers sont en train de travailler la peau; des patrons et des ouvriers, richement costumés, terminent le groupe. XVIII LES CARROSSIERS Les porte-bannières des corporations des carrossiers, forgerons, coffretiers, gainiers et selliers précèdent un coffre antique, couvert de velours et garni de petits clous à la manière orientale. Ensuite, dans un carrosse de gala du xvr siècle, est aussi un groupe de charmantes jeunes femmes et jeunes filles entourées de patrons à cheval et à pied. XIX LES CHARPENTIERS ET LES TOURNEURS Un héraut à pied, tenant la magnifique bannière de la corporation des charpentiers, est suivi par deux patrons qui portent sur des coussins de velours les privilèges donnés par Ferdinand III, Charles IV, Marie-Thérèse et Joseph II. Suivent des ouvriers avec leurs outils. Derrière eux marchent les tourneurs, soutenant sur un brancard un rouet, des vases, des pièces d’échecs et d’autres objets de leur produit. XX LES EBENISTES En tête, portée par un héraut à cheval, la vieille bannière de la corporation, représentant saint Joseph. Des ouvriers portent un coffret, dans lequel sont enfermés leurs privilèges, datant du xvf siècle; sur le char se trouvent le coffret des patrons datant de la même époque, un grand buffet Renaissance sous un baldaquin, et un établi sur lequel des ouvriers travaillent. Les présidents portent leurs privilèges, leur coupe d’honneur et le grand glaive de la corporation. XXI LES VITRIERS Derrière la bannière, des ouvriers portent sur un brancard une vieille fenêtre montée en plomb, dont les petites vitres rondes représentent les armes de l’Autriche et de la Bavière entremêlées. Sur le char, attelé de deux chevaux, une armoire vitrée est surmontée d’anciens bocaux de verre. Des patrons, des ouvriers et des apprentis suivent le char. XXII LES POTIERS ET LES COUVREURS Derrière la bannière, deux hérauts, des patrons et des ouvriers entourent le char chargé d’un fourneau de vieux style allemand, de vases, de cruches et de briques. Une patronne y est assise symbolisant la céramique. Le char est suivi des couvreurs avec leur bannière. XXIII LES PEINTRES EN BATIMENTS, LES VERNISSEURS ET LES TONNELIERS Des patrons des corporations des peintres en bâtiments et desvernisseurs portent leurs bannières et leurs emblèmes : la palette, le couteau à palette, le pinceau et une roue à dessin, et ensuite leur brevet et le livre de corporation de l’époque de Marie- Thérèse. Sur le char, attelé de quatre chevaux, est un énorme et ancien tonneau décoré de peintures représentant Noé et saint Urbain. XXIV LES OPTICIENS ET LES HORLOGERS Derrière leur bannière, quatre opticiens portent un microscope datant de 1690, un télescope, un grand lorgnon et un microscope moderne; et derrière la leur, les horlogers portent une immense pendule renaissance allemande. XXV LES MÉCANICIENS ET LES CONSTRUCTEURS DE MACHINES Sur le char, attelé de quatre chevaux et précédé de trois hérauts à cheval, on voit une roue de moulin, une presse et une roue d’engrenage, symboles de la construction des machines ; un télescope et un système planétaire, symboles de la mécanique céleste. XXVI LE COMMERCE, LA SOCIÉTÉ DES VOITURES DE LOUAGE ET LES ANTIQUAIRES Les porte-bannières à cheval des cochers et des loueurs de voitures ouvrent la marche, entourés de patrons également à cheval. Ensuite, la bannière de l’Académie du commerce entourée des étudiants. Puis un magnifique char triomphal surmonté d une statue de Mercure. Sur le char se sont groupées, au milieu de caisses, de tonneaux et de colis, cinq charmantes jeunes filles en costumes occidentaux et orientaux, représentant le commerce international. Sur l'arrière du char est un négociant tenant une bannière. De nombreux commerçants et antiquaires, dans des costumes magnifiques et du meilleur goût, entourent le char et le suivent. XXVII LA NAVIGATION Deux hérauts à cheval, portant les armes de la première Société autrichienne de bateaux à vapeur sur le Danube et du Lloyd austro-hongrois, précèdent un groupe de bateliers ; puis vient un énorme char triomphal attelé de huit chevaux splendidement décoré, portant le modèle richement doré et pavoisé du Bucentaure de Venise, que soutiennent des Tritons et des Néréides. Six belles dames, avec les costumes de chaque contrée, représentent les pays desservis par les deux Sociétés de navigation : l’Autriche, la Hongrie, la Bavière, la Chine, l’Égypte et la Grèce. XXVIII LES CHEMINS DE FER Six hérauts à cheval, habillés en rouge et noir et portant des emblèmes de chemin de fer, ouvrent le groupe avec deux porte-bannières. Huit chevaux magnifiques, conduits par seize pages, traînent le char, surmonté à son avant de trois Renommées sonnant de la trompette et brandissant une roue ailée; à l’arrière, un autre groupe représente Vulcain embrassant une nymphe. Au milieu du char, de charmantes jeunes filles symbolisent, dans des costumes nationaux, la Bohême, la Moravie, la Pologne, la Silésie et la Styrie aux pieds de l’Autriche. Le groupe est terminé par de nombreux ouvriers de chemin de fer, portant leurs outils, de petits drapeaux et des roues ailées. XXIX LES INDUSTRIES DU MÉTAL Des hérauts à cheval portent les bannières des corporations des armuriers, des taillandiers et des fourbisseurs ; sur le char, une forge de campagne du xvi e siècle, un grand soufflet et une enclume. Le char est décoré avec goût par des armures, des casques, des fers à cheval, des clefs, etc. Pendant le défilé du groupe, les patrons et les ouvriers travaillent à la forge. XXX LA FABRICATION DES COFFRES-FORTS Cette industrie, si florissante en Autriche depuis une trentaine d’années, est représentée par un beau char de la première fabrique autrichienne de coffres-forts, sur lequel on voit une caisse construite dans l’établissement et décorée à l’antique. Un héraut à pied précède le char ; puis viennent des ouvriers qui portent un petit coffre- fort en acier artistiquement ciselé. De nombreux contremaîtres et des ouvriers de l’établissement terminent le groupe. XXXI LES FERBLANTIERS Après le porte-bannière à cheval, suivi de deux hérauts, deux ouvriers portent sur des trophées de vieilles armures. Deux mulets conduisent un brancard chargé d'une immense lanterne, décorée des armes de l’Empire et de la ville de Vienne et surmontée d’une couronne impériale dorée. Des patrons et des ouvriers dans de riches costumes entourent ce vieux symbole de la corporation. XXXII LES QUINCAILLIERS,. LES BRONZIERS ET LES FONDEURS La bannière de ces corporations précède un héraut levant un étendard en métal orné du portrait du célèbre fondeur nurembergeois Peter Vischer. Sur le char, traîné par quatre chevaux, est suspendue une grande cloche qui sonne par intervalles. Des patrons et des ouvriers portent plusieurs produits de ces métiers, parmi lesquels un vase de zinc fondu, artistiquement fouillé. XXXIII LES ORFÈVRES ET LES GRAVEURS Deux trompettes à cheval, les bannières des corporations des patrons avec leurs femmes et leurs filles en riches habits de la Renaissance précèdent le char. Sur un trône en baldaquin est un groupe de dames magnifiquement costumées et parées de pierres précieuses, symbole du luxe noble. Devant le char s’avancent un patron et une patronne sur des chevaux superbement harnachés. A côté du char, des ouvriers et des apprentis portent de la vaisselle de luxe et des bijoux. XXXIV LES IMPRIMEURS, LES LIBRAIRES, LES MARCHANDS D’ESTAMPES ET LES RELIEURS Trois hérauts à cheval portent les bannières de ces corporations. Sur le devant d’un char magnifique sont assises trois jeunes dames, symboles de la science, des belles-lettres et du progrès. Au milieu une ancienne presse à bras, sur laquelle on tire une chronique du cortège, à la manière des vieilles feuilles volantes allemandes, et que des apprentis distribuent en courant de chaque côté. Enfin un éditeur debout, ayant la figure et le costume de Gutenberg, examine des volumes. De jeunes dames portent des livres et des gravures sur bois. Derrière le char marchent des patrons, des ouvriers et des apprentis des corporations, parmi lesquels on reconnaît, sous l’aspect et le costume de Dürer, un célèbre éditeur viennois d’ouvrages d’art. XXXV, XXXVI LES ARTISTES Ce groupe, habillé comme au temps de Rubens et dont les costumes étaient non seulement d’une prodigieuse richesse, mais en parfaite harmonie avec les personnalités des artistes, terminait magnifiquement le cortège historique. Précédé des porte-bannières à cheval et à la tête d’un groupe d’artistes, Makart s’avançait sur un cheval d’un blanc de lait, avec des brides d’or; derrière lui venait le char, attelé de six paires de chevaux richement caparaçonnés; sur le devant du char s’élevait la statue de la Vénus de Médicis, symbole de l’art esthétique. A l’arrière, sous un précieux baldaquin, est une dame superbement parée, au milieu d’un charmant groupe de femmes ; un artiste lui rend ses hommages, reconnaissant ainsi l’influence du beau sexe sur l’art. Des dames accompagnées de pages entourent le char, suivi de membres de la Société viennoise des artistes ainsi que d’élèves de l’Académie viennoise de l’art. Des acclamations enthousiastes saluent ce groupe. LA CHASSE MODERNE DES HAUTES MONTAGNES Wê..:: ël; cte?. Le cortège se continuait enfin, après le défilé historique, par quelques groupes modernes; le premier, composé des membres de la basse Autriche, se divisait en trois sections. D’abord cinquante seigneurs de la meilleure noblesse représentant les Chasseurs des Haules-Alpes. t) MA mm Ensuite, les Chasseurs Tyroliens avec un char de gibier. Puis un char, formé par les Chasseurs de la haute Styrie , représentant la chasse aux bassets, aux chiens courants, au chamois, aux coqs de bruyère. Le groupe se terminait par des chasseurs des montagnes de la haute et basse Autriche, de la Carinthie, de la Carniole, avec des chars couverts de gibier. LES SAPEURS-POMPIERS En tête marchaient dix sapeurs dans un costume de peau de cerf, avec des haches et un ceinturon de cuir. Ensuite une section de pompiers de Vienne, conduisant à cheval une pompe à feu avec les appareils de sauvetage. Ensuite les députations des pompiers volontaires de cent soixante-huit endroits de la basse Autriche. LES VETERANS SBfHH !ifciëSgk*»** ; , ‘ Ta jn Drapeaux et musique en tête, défilèrent les délégués de toutes les provinces de l’Empire. La haute et basse Autriche, la Styrie, le Tyrol, Salzbourg, l’Istrie, la Bohême, la Moravie, la Silésie, la Bukovine, la Hongrie, la Croatie, avaient tenu à honneur de témoigner de leur patriotisme, et rien n’était plus original que cette succession des divers costumes nationaux. LES SOCIÉTÉS DE CHANT Les sociétés de chant, en habit noir et avec leurs bannières, étaient au nombre de quarante-trois et se composaient de plus de mille chanteurs. Arrivés devant la tente impériale, ils se formèrent en demi-cercle et entonnèrent l’hymne national; toutes les cloches de la ville sonnèrent en même temps à toute volée, les batteries des forts tirèrent des salves de canon et la foule poussa des acclamations enthousiastes. La fête était arrivée à son moment suprême. L’Empereur, visiblement ému, quitta la cour, qui s’était levée et descendit au milieu des chanteurs. Il serra les mains des directeurs des chœurs et témoigna hautement de sa reconnaissance. En même temps, l’Impératrice envoyait ses remerciements au bourgmestre. Enfin la famille impériale rentra au château, le cortège reprit sa marche jusqu’au Fran^ensring et au Schottenring, où il se sépara en bon ordre. La fête la plus splendide dont la ville de Vienne puisse garder le souvenir était terminée. PUBLICATION DE L’OUVRAGE aïs il fallait perpétuer le souvenir de cet événement national et, dans sa séance du 6 mai 1879, le Conseil ne fit que répondre au vœu national en décidant que l’on éditerait une reproduction graphique de la fête et du cortège. En cela, on ne faisait que suivre l’exemple de l’empereur Maximilien. La commission bibliothécaire du Conseil, composée des conseillers Bernard Frieb, D r Guillaume, chevalier de Gunesch, D 1 Léopold Kompert, Joseph Matzenauer et D r Guillaume, chevalier de Mauthner, fut chargée de préparer le travail, et la Société viennoise des artistes déléguait, sur la demande du Conseil, les peintres Hans Makart et Joseph Fux et l’architecte André Steit. Le directeur des archives de la ville de Vienne, Charles Weiss, et le secrétaire D r Charles Keitler, furent chargés de l’exécution des projets. Il fut décidé d’un commun accord que des artistes viennois renommés, et de préférence ceux ayant pris part à la tête, dessineraient une série de grands cartons représentant les différents groupes du cortège, et que l’on se servirait de l’héliogravure pour la reproduction. Le Conseil résolut, au mois de novembre 1879, de publier l’ouvrage à ses frais, et s’en remit pour la direction des travaux à une commission spéciale composée des conseillers Emmanuel Bachmayr, Henri Gerhardt, Frédéric Gerold, D r Maurice Lederer, Joseph Matzenauer, D r Jean Prix et François, chevalier de Singer, sous la présidence du vice- bourgmestre, D r Maurice Lederer. Cette commission, munie de pleins pouvoirs, chargeait alors plusieurs artistes de l’exécution des cartons, pour servir de modèles à la reproduction. Les noms de ces artistes et leur œuvre sont indiqués à la table des planches qui suit. La commission confirmait ensuite que les cartons seraient à reproduire exclusivement par l’héliogravure. En même temps la commission, représentée par son président, D r Maurice Lederer, entrait en relations avec les représentants de la Société des arts reproductifs ( Gesellschaft fur vervielfältigende Kunst), le chef de section Léopold, chevalier de Wieser et le D r Oscar Berggruen, et chargeait la Société de l’exécution de l’ouvrage entier. Les procédés d’héliogravure directe avaient encore une fois été reconnus comme les meilleurs, car ils devaient conserver fidèlement le caractère artistique des originaux, sans exiger l’immense emploi d’argent et de temps qu’aurait occasionné une reproduction au burin ou à l’eau-forte. L’Institut géographique militaire fut chargé de la fabrication des planches de cuivre pour l’héliogravure. Sur l’ordre du directeur de l’Institut, le général Wanka de Lenzenheim, le chef de la section pour l’héliogravure, M. W. Rœse, curateur de la Société des arts reproductifs, Elisait donc des essais de reproduction des cartons exécutés par les artistes; ces cartons étaient à la plume avec un lavis d’encre de Chine ou aux deux crayons. Malgré cette difficulté, M. Rœse arrivait à un résultat des plus satisfaisants, et la Société ne tardait pas à lui confier l’exécution de toutes les planches. Malgré le peu de temps que l’on mit à leur exécution, ces planches furent obtenues avec une perfection telle qu’elles n’eurent presque pas besoin de retouches, et elles garderont toujours une place importante dans l’histoire des arts reproductifs en Autriche. Le tirage héliographique fut exécuté par la Société elle-même, dans ses ateliers. Quant à l’impression typographique du texte du volume, écrit par M. Charles Weiss, era directeur des archives de la ville, elle fut exécutée par l’Imprimerie impériale, sous la direction du conseiller aulique Antoine, chevalier de Beck, et sous la surveillance spéciale de l’inspecteur, M. Raymond Lauter. L’ouvrage complet, formant dix livraisons, parut en 1880 et fut tiré à cinquante exemplaires numérotés, grand format, pour une édition d’amateurs. Cette édition fut aussitôt épuisée et, en reconnaissance de la façon dont elle avait exécuté le travail, la Société des arts reproductifs (Gesellschaft für vervielfältigende Kunst) obtenait l’autorisation d’en faire, à ses frais, une autre édition aussi complète, mais de plus petit format, qui fut confiée à M. Oscar Berggruen. Enfin nous avons obtenu d’en publier cette édition française restreinte à un nombre limité de souscripteurs. )) « ITlI iÏTiriïlTH TTTT7 TTI {TÏÏiTTT TTTTÏÏTTTTTTTI i ! 1 1 ! il!ill'ïïlîTTJ i.i.il i 11! 1 i niMIfflMM iniimmi.ifmn % JC Xi U « > k> • 1—f I —4 I—H I—H ^ ^ k> k> k> k> k> k> k> t—t rS JS JS JS JS JS JS k> k> kJ kJ kJ k> K> k> JS JS JS JS JS JS JS JS > > J k^^ k^ k^ k> k^ k^ JS JS JS JS JS JS JS JS bû aj yj o D C/3 Où ,< k^ kJ kJ KrfJ kJ kJ JS JS JS JS JS JS JS etL§g IMlIïïiÏÏIüiiililllllllllllJilU B MÜHi Sas.- Heliogravure d.’klk.MîJrt. geogrf. Institutes. Vervielfältigung Vorbehalten Druck u Verlag d Gesellschaft für vervielf Kunst m Vien E^èL^ki; £&hi£fc-A; fcrir T-*1 > i* i $ > ^ ' I 'lilnf T». 4 '* *W* «'I <£W<. V' ■< Vervielfältigung Vorbehalten Drucku.Veday i Gesellschaft für vervielf Kunst in Wien Heliogravüre l."k.>..MDit.geogrf. Instruites V-’ WT** _ > ' ^ Vervielfältigung Vorbehalten Druck u. Verlag d. Gesellschaft lur vervielf. Kunst in "Wien Heliogravure llclc.lfilit geogrf. Instctirtes ■v*£- •^* ÎWiogrovure d.kk HJit.geogxf. Institute« Drank u Verlag d .GeaellsckofL fur vervialf Kunst inWien Vervielfältigung vorbehulten BfesAkfejA-v. ' M’ gy^ns'n '■ ' WfWA ? &Pf!l ,1' J ns ■\S^ Ss^V’*, jsH t Tâ & : M bt .; fi '^JiXf *nJ 55 îfalügung vorbßhaliün » v Uruak a Verlag d. 1 îe rpJ] «rh -■» ft fur y... . vlf Kurai in Wi W:!i g^ogr! fn«tj tutes X Vervißlfüitinmtj Vorbehalten Bruck u Verlag ifieseBscKoft Rir vemdTKimst in Wien Ifelingravure dkUfilitOeogrf Inslitutes j^aviire A. Druck 'U-Verlag 1. Gesellschaft f.~»remelf. Kunst m‘W icl 'A-- ♦ -Sr‘ - &■■ jf' r * —■ Heliögravure à 3c. Je. Milit. geogr.f. Institutes Drude u Verlag d. Gesellschaft fur vervielLKimst in Wien Vervielfältigung -Vorbehalten r;*- J** - r>. : Jt. .^itoîA 1 ?! 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